It's New York City bitches ! And it's my motherfucking dream

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your very own lullaby △ sorel

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MessageSujet: your very own lullaby △ sorel your very own lullaby △ sorel EmptyLun 10 Sep - 19:47

SORA & DANJEL

❝ your very own lullaby ❞

25 août 2012
Assis sur sa chaise, Danjel faisait machinalement tourner son stylo entre ses doigts. L'homme debout devant l'assistance parlait depuis deux bonnes heures à présent et la réunion s'éternisait trop à son goût. Son père était en déplacement à New York pour son travail et il avait tenu une fois de plus à ce qu'il le suive dans ses séminaires : il jugeait cela important si son fils adoptif souhaitait reprendre le flambeau de sa compagnie aérienne. Alors le brésilien le suivait sans rechigner, prêt à subir des heures de réunion interminable pour rendre son père fier. Soupirant discrètement, il jeta un regard par la fenêtre, se sentant soudainement frustré en voyant le soleil qui surplombait la ville. Il aurait pu faire un tas d'autre chose s'il n'avait pas ses obligations à remplir en restant enfermé dans cette salle. Mais soudainement, il reçut l'opportunité de mettre un terme à son ennui. Sentant son téléphone vibrer dans sa poche, il le sortit, soulagé d'avoir pensé au mode silencieux avant le début du séminaire. Et quand il vit le message de Sora s'afficher sur l'écran verrouillé de son iPhone, son sang ne fit qu'un tour.


Sora Emmagan-Scott
Il faut que tu viennes m'aider.. s'il te plait... j'ai peur de rester seule...

Si Sora l'appelait à l'aide, ce n'était jamais pour rien, il le savait. Et il savait également que, depuis quelque temps, elle touchait le fond. La solitude ne lui réussissait que très mal, d'autant plus depuis que son mari avait été porté disparu, et il redoutait le pire. Rangeant rapidement son téléphone, il se pencha vers son père qui était assis à ses côtés et lui parla à voix basse de sorte à ne pas déranger l'assemblée. « Papa, il faut que je file, c'est urgent. » Le concerné le regarda en fronçant les sourcils alors qu'il était en train de se lever, puis il lui fit un signe de main tout en lui répondant d'une voix sèche. « Rassieds-toi, c'est bientôt terminé. » Danjel s'apprêtait à rétorquer à quel point s'était urgent, mais il constata que tous les regards étaient tournés vers lui. Alors, par respect pour son père, il se rassit et s'empressa de répondre à son amie en lui disant qu'il allait faire au plus vite pour la rejoindre, priant pour que tout se passe bien.

* * *

Arrivé dans le quartier d'Alphabet City, le taxi se gara devant l'immeuble où habitait Sora. Le brésilien s'empressa de payer le chauffeur, lui ordonnant de garder la monnaie, puis il s'extirpa avec vitesse de la voiture pour courir vers la porte donnant sur l'allée. Il composa rapidement le code d'entrée et s'engouffra à l'intérieur pour monter les escaliers quatre à quatre, jugeant que l'ascenseur serait trop lent. Il avait déjà pris beaucoup trop de temps pour arriver chez elle afin de l'aider, la peur lui nouait déjà le ventre. Son message lui avait retourné l'estomac et chaque seconde qui s'écoulait lui semblait être un poids s'écroulant violemment sur ses épaules. Pourtant, il finit par arriver face à la porte, ses tempes battant si fort qu'il aurait pu en perdre l'équilibre. Mais il se rattrapa à l'encadrement de la porte et se mit à frapper contre cette dernière, alerté. Mais personne ne vint lui ouvrit. Alors il recommença, sentant l'angoisse lui tordre le ventre. « Sora, c'est moi ! » Toujours rien. Beaucoup trop inquiet pour attendre, il sortit ses clés et en dégagea une en particulier. Sora lui avait donné le double de ses clés d'appartement, prétextant qu'elle pouvait avoir besoin de lui à n'importe quel moment et que cela lui serait certainement utile un jour. Elle avait visé juste. Alors, les mains tremblantes de stress, il glissa la clé dans la serrure et ouvrit la porte pour entrer dans l'appartement, refermant derrière lui tout en rangeant les clés dans sa poche. « Sora ? » appela-t-il, à bout de souffle. Retenant sa respiration pour percevoir le moindre son, il constata que le vide régnait dans l'appartement. Priant pour que son amie n'ait pas déserté après l'avoir appelé à l'aide, il de mit à fouiller chaque pièce dans l'espoir de la trouver. Et c'est en ouvrant la porte de la salle de bain qu'il la trouva, allongée sur le carrelage, visiblement inconsciente. Choqué, Danjel resta quelques secondes immobile. Le temps pour lui d'observer les environs et d'analyser la situation. La pharmacie accrochée au mur était ouverte, des boîtes de médicaments traînaient au sol, à côté d'un sachet de poudre blanche. Dés que les pupilles du brésilien se posèrent la dessus, il failli cracher son coeur tellement il le sentit se secouer. Alors il n'attendit plus, il se jeta à genoux vers le corps de son amie, cédant immédiatement à la panique. « Bordel... Sora ! » l'appela-t-il en la prenant contre lui, lui tapant doucement la joue dans l'espoir qu'elle ouvre les yeux. Aucune réaction. Les larmes commencèrent déjà à lui brouiller la vue, mais il continua, la secouant gentiment tout en posant deux doigts dans son cou, à la recherche de son pouls qu'il trouva, battant beaucoup trop lentement. Immédiatement, il sortit son téléphone, tenant fermement Sora contre lui, et appela les secours. Posant sa main libre à l'arrière de la tête de la jolie blonde, il constata qu'elle saignait et remarqua rapidement la trace de sang décorant le rebord de sa baignoire. Pinçant ses lèvres, il lutta pour ne pas fondre en sanglots. Et quand enfin il entendit décrocher à l'autre bout du fil, il s'empressa de tout expliquer. « Il faut que vous envoyez une ambulance tout de suite ! Mon amie ne se réveille pas, elle... » « Calmez-vous jeune homme. Dites-moi tout ce que vous savez. » Danjel inspira fortement et, ravalant ses larmes en posant son regard sur Sora, il déballa tout ce qu'il avait pu constater. « Je l'ai trouvée inconsciente dans sa salle de bain... il y a de la drogue et des médicaments près d'elle et je crois qu'elle s'est cognée la tête... son pouls est faible, je vous en supplie, venez vite. » On lui demanda l'adresse qu'il s'empressa de donner. Une poignée de minutes plus tard, le corps inanimé de Sora était emmené sur un brancard à toute vitesse afin de rejoindre l'ambulance qui attendait à l'extérieur, Danjel suivant les secours avec leur autorisation pour l'accompagner à l'hôpital.


10 septembre 2012
Dix heures du matin, heure de début des visites autorisées à l'hôpital Lenox Hill. Comme chaque matin, Danjel arriva à la minute près pour rendre visite à Sora. Cela faisait vingt-six jours qu'il l'avait trouvée sur le sol de sa salle de bain et qu'il l'avait suivie aux urgences. Après de longues heures d'attente à tourner en rond comme un lion en cage, on lui avait annoncé que la jeune femme avait fait une overdose, qu'elle était hors de danger mais plongée dans le comas. Une nouvelle qui l'avait complètement assommé. Et s'il avait gardé espoir les premiers jours, il commençait à craquer. Voir Sora, allongée inconsciente sur son lit et reliée à un tas de machines chaque jour lui était devenu insupportable. Les médecins lui avaient pourtant dit de continuer à venir la voir, que la voix et la présence régulière d'une être cher pouvait aider le patient à se réveiller. Alors Danjel continuait à venir la voir, restant à ses côtés des heures durant en lui tenant la main et en essayant de lui parler de tout, de n'importe quoi. Cela dit, aujourd'hui, il perdait courage. Traversant les couloirs de l'hôpital, son teint était blafard, signe qu'il avait peu dormi. Ses nuits étaient agitées depuis qu'il avait retrouvé la guatémaltèque au bord de la mort, cauchemardant chaque nuit qu'il la perdait pour de bon. Il arriva finalement devant la porte donnant sur la chambre où reposait la jolie blonde et il s'y engouffra sans plus attendre. S'approchant du lit, il la trouva aussi paisible que les jours précédents, sans que rien n'ait semblé changer. Les machines l'entourant indiquaient toujours la stabilité de son état mais ses paupières restaient closes, figées comme du roc. Le coeur en vrac, Danjel soupira et retira sa veste pour la poser sur le dossier de la chaise qu'il occupait habituellement et qui se dressait toujours à côté du lit avant de s'y assoir. Il resta un moment silencieux, ses yeux posés sur le visage paisible de la jeune femme. Il lui fallut un bon quart d'heure avant de prendre la parole, d'une voix reflétant la douleur qu'il ressentait. « Ça fait vingt-six jours que t'es là... toujours pas envie d'ouvrir les yeux ? » tenta-t-il ironiquement en lâchant un rire nerveux. Mais évidemment, elle ne réagit pas. Alors il se pencha en avant et prit sa mains entre les siennes, gelées et tremblantes d'avoir peu dormi. « Je sais que les médecins me disent de garder espoir... mais j'ai l'impression que je te perds chaque jour un peu plus... » souffla-t-il alors que des larmes lui brouillaient la vue. « Et j'ai pas envie de te perdre définitivement... » Posant son front contre leurs mains liées, il souffla doucement pour se retenir de fondre en larmes. Depuis quelques jours, il avait l'impression que jamais Sora ne se réveillerait, qu'il serait forcé de la voir chaque jour endormie et que jamais plus il ne pourrait voir l'éclat émeraude de ses iris, que jamais plus il ne pourrait entendre la mélodie de sa voix. Et cette sensation le rongeait intérieurement, comme une maladie incurable. Il mangeait peu, ne dormait plus et passait ses journées à son chevet sans voir personne d'autre. Plus les jours passait, plus la douleur s'intensifiait. Oui, il avait mal. Mal de la savoir dans le comas, mal d'avoir peur de la perdre définitivement un jour... mal de la culpabilité qui le rongeait. Car en effet, il se sentait pleinement coupable de ce qui arrivait à son amie. Elle l'avait appelé à l'aide, consciente qu'il aurait pu l'aider, et lui avait préféré suivre les ordres de son père et attendre la fin de cette fichue réunion plutôt que de partir immédiatement pour rejoindre Sora et l'aider. Résultat des courses : il l'avait retrouvée mourante dans sa salle de bain et elle était dans le comas depuis près d'un mois. À cette pensée, Danjel étouffa un sanglot et redressa la tête. Ses yeux larmoyants fixèrent le visage de poupée de la blondinette et il tira sa main vers ses lèvres pour l'embrasser. « Je t'en supplie... je sais que tout est de ma faute, mais il faut que tu te réveilles... je peux pas avancer si tu n'es pas là. » Une larme roula sur sa joue, l'obligeant à marquer une pause pour refouler les sanglots qui envahissaient sa gorge. « Me laisse pas Sora... j'y arriverai jamais sans toi... s'il te plait... » Mais une fois de plus, ses supplications n'aboutirent à rien, les traits de Sora restèrent inanimés. Alors il lâcha sa main et essuya ses larmes d'un revers de main avant de s'étendre à moitié sur le lit, sa tête calée contre ses bras. Il finit par fermer les yeux, reniflant doucement, et la fatigue l'emporta, le laissant sombrer dans un sommeil une nouvel fois agité.
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MessageSujet: Re: your very own lullaby △ sorel your very own lullaby △ sorel EmptyLun 10 Sep - 21:00

DANJEL & SORA

❝ your very own lullaby ❞




25 août 2012
De la haine et une profonde douleur … c’était les seules choses qu’elle était capable d’éprouver. Sa chambre était dévastée, seule pièce dans laquelle elle avait trouvé la force d’ouvrir cette fichue lettre, la seule pièce où elle avait lancé contre les murs tout ce qui lui tombait sous la main après avoir déchiré l’enveloppe et son contenu. Considéré comme mort de manière définitive, voilà comment l’armée voyait son mari. Pourtant, elle avait eu un tant soit peu d’espoir, elle s’était accrochée aux mots de Danjel, mais voilà qu’elle sombrait à nouveau. Tout ce qu’elle touchait finissait par mourir et ça avait commencé avec sa propre mère et la jeune femme était persuadée qu’il en serait ainsi avec les personnes qui lui étaient le plus proches. Carol, Doug, Mattéo, Jazmin, Ashton, Chandler, Danjel … la simple pensée de les perdre, de le perdre lui faisait tellement peur et tellement mal. Elle était l’ange de la mort, comment pouvait-elle se considérer autrement alors qu’elle perdait autant ? Sora passa le revers de sa main sur ses joues plus humides que jamais puis son index sous ses yeux, mais rien à faire, elle continuait de pleurer. Elle se sentait mal et si seule que ça la dévorait de l’intérieur à lui faire la plus grande peur de sa vie.

La guatémaltèque se connaissait, elle savait très bien à quel point elle pouvait être faible, à quel point la détresse pouvait lui faire faire les pires choses et elle sentait que ça n’allait pas tarder à arriver. Sora ne devait pas rester seule, sûrement pas et ce fut la raison qui la poussa à se relever pour rejoindre le couloir d’entrée où elle avait laissé son portable. Le destinataire de son message lui semblait être une évidence, il n’y avait qu’une personne qu’elle acceptait de voir, qu’une personne auprès de qui elle savait qu’elle se sentirait bien. Pourtant, personne ne vint. Sora laissa le temps s’écouler en faisant les cent pas dans son appartement à la fois pour lui laisser le temps d’arriver que pour tenter de se convaincre qu’elle était plus forte que ça, mais la lâcheté l’emporta sur tout le reste. Elle en avait gardé … quelque part dans le tiroir de ses sous-vêtements se trouvait un petit sachet de poudre blanche soigneusement caché et qu’elle ne tarda pas à trouver. Sora le regarda avec dégoût bien que ce ne fut pas ce qui l’arrêta dans son geste. Elle voulait oublier, se sentir bien ne serait-ce que quelques heures et à ses yeux c’était le seul moyen. Arrivée dans la salle de bain, elle sortit la poudre de son sachet et la regarda former une ligne parfaite sans parvenir à cesser de pleurer.

Elle ignorait si les secondes ou le minutes s’écoulèrent, son regard fixait toujours la même chose et la guatémaltèque ne tarda pas à faire le même geste que quelques années auparavant, se bouchant une narine pour inspirer la poudre de l’autre avant de se redresser et de fixer son reflet dans le miroir. Rien … voilà ce qu’elle ressentait, voilà ce qui déclencha d’autant plus sa colère au point de la pousser à faire un cocktail qui pouvait ne pas pardonner, mais elle s’en moquait et attrapa les premiers médicaments qui lui tombèrent sous la main et le résultat fut quasiment instantané. Elle se sentait mal, mais ça n’avait rien à voir avec la tristesse ou la haine d’elle-même c’était réel, c’était dans son corps et la grimace qui déforma son visage en était la preuve. Quelque chose n’allait pas, Sora en était persuadée et la jeune femme due prendre appuie sur le bord du lavabo pour rester droite, mais ses jambes lâchèrent et elle se retrouva au sol. Elle tenta de se relever, mais rien à faire, les douleurs étaient trop fortes, pourtant elle essaya encore et encore jusqu’à ce que ses bras se mettent à trembler et que dans son énième effort elle perde l’équilibre et se cogne la tête sur le bord de la baignoire. La douleur fit trembler son corps et aussitôt le noir l’entoura avant même qu’elle n’ait senti le sol froid sous elle.
10 septembre 2012
Ses paroles elle les avait toutes entendues. Les pleurs de Carol, les longs monologues de Doug aussi. Elle avait tout entendu, mais était incapable de répondre, emprisonnée dans son propre corps sans vraiment avoir conscience de tout ça. Son cerveau continuait de fonctionner, quasiment tout chez elle allait bien ou allait mieux depuis qu’elle était arrivée aux urgences vingt-six jours auparavant. Son overdose avait été sévère et son corps incapable de l’aider cette fois si bien qu’elle avait été à deux doigts de rejoindre sa mère, d’abandonner tout le monde derrière elle sans un au revoir. Les médecins avaient fait de leur mieux, peut-être même plus encore en sachant qui elle était. Ses parents adoptifs travaillaient dans le même hôpital. Carol y était infirmière tandis que Doug travaillait comme titulaire en traumatologie. Elle était leur fille, adoptive peut-être, mais leur fille malgré tout et personne ne l’aurait laissé partir sans tout essayer avant. Sora avait entendu sa mère la supplier, lui demander de se réveiller entre deux sanglots. Son père lui avait raconté ses journées comme lorsqu’elle rentrait du lycée pour finalement lui glisser un jour qu’il l’aimait, qu’il ne l’avait peut-être pas assez dit, mais que c’était le cas, qu’elle était sa fille et qu’il refusait qu’elle parte sans se battre.

Danjel était de loin celui qui avait été le plus à son chevet et même si Sora n’était pas réellement consciente de ce fait, son cerveau lui l’était et son cœur aussi. Toutefois, elle restait prisonnière, incapable de vivre par elle-même, incapable de se nourrir autrement que par intraveineuse le tout mélangé aux médicaments qui permettaient à son état de rester stable. La guatémaltèque voulait se battre et rester, elle ne désirait que ça mais comment faire lorsque son propre corps refuse d’aller dans le sens de ses désirs ? Sora était impuissante, spectatrice de ce qui lui arrivait alors qu’elle était supposée être protagoniste de cette situation. Mais les choses étaient différentes aujourd’hui. Ce n’était pas un fait qu’elle pouvait constater d’elle-même ni en avoir conscience, c’était simplement le cas. Elle percevait plus clairement ce qui se passait autour d’elle. Elle entendait plus clairement les paroles de Danjel à son égard même si elle était toujours incapable d’ouvrir les yeux ou de parler. Sora commençait à comprendre et à savoir où elle se trouvait. Elle se sentait faible et le corps tout mou, toutefois elle était là. La jeune femme passa un laps de temps indéterminé à s’efforcer de reprendre complètement le dessus.

La première étape fut de bouger un doigt, puis la main complète. La deuxième fut d’essayer d’ouvrir les yeux et ce fut également la plus difficile des deux premières et lorsqu’elle y parvint l’éclairage de la chambre lui parut si brutal qu’elle referma immédiatement les yeux et cilla à plusieurs reprises pour s’y habituer. Tourner la tête fut également un challenge qu’elle remporta et son regard se posa sur Danjel. Même si sa vision restait assez floue, elle le voyait et c’était tout ce qui importait et laissait place à la troisième étape. Elle devait parler, mais c’était à croire qu’elle avait oublié comment faire. Sora humecta ses lèvres dans l’espoir de faire passer sa frustration. Si elle ne pouvait pas parler pour l’instant, mais elle était capable de bouger, elle venait de le faire. Néanmoins, soulever son bras fut difficile, mais la guatémaltèque se força en fermant les yeux comme si ça allait lui permettre d’économiser son énergie. Sa main retomba doucement sur le coude de Danjel où elle effectua une très légère pression qui ressemblait bien plus à une caresse qu’à autre chose. Sora laissa sa main et ouvrit à nouveau les yeux en fixa d’abord le plafond de sa chambre d’hôpital avant de tourner la tête vers le jeune homme dans l’espoir que dans son sommeil il l’ait tout de même senti.
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MessageSujet: Re: your very own lullaby △ sorel your very own lullaby △ sorel EmptyMar 11 Sep - 18:56

Accroupi devant une tombe, Danjel déposa le bouquet de fleur qu'il tenait en main au milieu de toutes celles qui décorait la stelle. Le regard perdu contre la pierre, il relisait une énième fois le nom qui y était incrusté : Joaquín Gabriel De Roca. Cela faisait bientôt six ans que son frère avait trouvé la mort, et pourtant, la douleur le rongeait toujours. Les yeux brillant, il resta silencieux face à la tombe, se recueillant mentalement jusqu'à finir par se redresser. Mais soudainement, le ciel se noircit, le vent se mit à souffler, emportant avec lui les fleurs qui décorait la tombe face à lui. Plissant les yeux, il aperçut au loin des éclairs qui éclataient, de plus en plus fréquents et de plus en plus proches. Et au moment où l'un deux s'écrasa sur la pierre tombale de son frère, il protégea son visage de ses bras, reculant d'un pas en fermant les yeux. Assourdi par le bruit sourd de l'éclair, il attendit quelques secondes avant d'écarter ses bras et de rouvrir ses paupières. Quand sa vue s'adapta à la pénombre qui régnait, il ne reconnut pas les lieux où il se trouvait. L'appartement était plongé dans la pénombre alors que les éclairs continuaient de broyer le ciel dans un torrent de lumière vive et de crépitements désagréables. Regardant autour de lui, le brésilien ne perçut aucune présence ormis la sienne et il s'avança au milieu des pièces désertées. Puis, soudainement, il aperçut une lumière qui provenait de sous une porte fermée. S'en approchant, il n'eut même pas à appuyer sur la poignée, la porte s'ouvrit d'elle-même. Son coeur se retourna quand il vit Sora, à genoux au sol, qui semblait s'étouffer en crachant des jets de sang qui venaient rougir le sol blanc éclatant de sa salle de bain. Paniquant à la vision de la jeune femme qui semblait suffoquer, Danjel s'avança, prêt à se jeter vers elle, mais ce fut comme si une barrière invisible le retenait en dehors de la pièce, l'empêchant de passer. Essayant à plusieurs reprise de forcer l'entrée, force était de constater qu'il était incapable d'entrer. C'est là que Sora trouva la force de relever la tête pour planter son regard vers lui. Ses yeux étaient rougis, ses veines se dessinant parfaitement autour de ses iris verts, et des larmes de sang perlaient contre ses joues. « Sauve-moi... » parvint-elle à lui murmurer avant de se remettre à tousser. Sentant des larmes lui brouiller la vue, Danjel essaya une fois de plus de passer par la porte, mais il n'y avait rien à faire. Il dût assister, impuissant, à la mort lente et douloureuse de son amie. Mais avant que cette dernière d'expire une dernière fois, il sentit comme une main caressant son cou, sensation qui eut le don de le tirer en arrière, loin de la salle de bain, la porte se refermant sur l'horrible spectacle qui s'offrait à lui.

Fronçant ses sourcils, le brésilien refaisait lentement surface, sortit de son cauchemar par la main de Sora qui lui caressait la nuque avec douceur. Quand soudainement il fut tiré de son sommeil, il en eut le souffle coupé et il tourna vivement la tête pour appuyer son front contre ses avants-bras, ses lèvres s'entrouvrant pour l'aider à respirer convenablement. Suffoquant un instant, il garda les yeux fermés, le temps de se rendre compte que ce n'était qu'un foutu rêve, que rien n'était réel. Soupirant lentement, il finit par se redresser, passant ses mains sur son visage en se frottant les yeux au passage, comme pour effacer les souvenirs du cauchemars qu'il venait de faire. Puis il rouvrit ses yeux, le regard baissé alors que ses bras se croisaient contre son torse. Son rêve lui avait donné froid, l'avait tellement remuer qu'il sentait son corps trembler. Reprenant petit à petit conscience de où il se trouvait réellement, il finit par redresser sa tête et posa ses yeux brillants sur Sora. Quand il la vit les yeux ouverts, il crut d'abord à un nouveau rêve. Pourtant, il eut le réflexe d'immédiatement se lever pour se pencher vers le lit, plantant immédiatement ses pupilles dans celles de la jolie blonde. Il lui fallut quelques secondes pour réaliser qu'elle avait bel et bien les paupières ouvertes, et ce fut quand elle cligna des yeux qu'il comprit qu'elle était réveillée. « Mon dieu Sora ! » s'exclama-t-il alors que des larmes de soulagement lui brouillèrent la vue. Il dut se retenir de se jeter contre elle, de la prendre contre lui et de la serrer presque au point de l'étouffer. Elle sortait dex près de quatre semaines de comas, il ne fallait pas qu'il la brusque. Alors il se contint et se contenta de passer une main contre sa joue puis dans ses cheveux blonds, son regard larmoyant ne lâchant plus le sien. « Dis-moi que je suis pas en train de rêver... » murmura-t-il comme une supplication. Quand bien même il avait la preuve visuelle qu'elle était sortie de son coma, il n'en prenait pas encore pleinement conscience.
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MessageSujet: Re: your very own lullaby △ sorel your very own lullaby △ sorel EmptyMer 12 Sep - 17:20

Les jours s’étaient écoulés et pourtant dans son esprit tout s’était passé la veille. Malgré le fait qu’elle ne parvenait pas à tout saisir, bien plus droguée que lorsqu’elle le faisait volontairement, elle se souvenait assez nettement de ce qui s’était passé et de la peur qui l’avait envahi lorsqu’elle avait remarqué qu’elle était incapable de se contrôler face à la douleur qui l’avait gagné. Elle n’avait pas la moindre idée du temps qu’elle avait passé dans cette chambre dans un coma. Le temps avait dû être long, pour ses proches tout du moins. Elle se souvenait de quelques paroles qu’elle avait entendu, des voix qui lui étaient chers, des personnes qui s’inquiétaient pour elle et qui la suppliaient de se réveiller alors qu’elle était juste capable de les entendre sans même avoir conscience de ce qui se passait autour d’elle. C’était une sensation particulière à bien y réfléchir. Sora se souvenait, mais ses souvenirs étaient flous voire même assez lointains comme s’ils ne lui appartenaient pas, comme si pendant son coma elle avait été dans l’esprit d’une autre personne, juste capable d’être spectatrice de ce qui se disait autour d’elle. Cependant, elle était réveillée à présent même si elle avait encore bien du mal à tout saisir et à être entièrement aux commandes de son propre corps. Chaque geste et même chaque pensée semblait l’épuiser et Sora aurait voulu arracher toutes ces perfusions et autres fils qu’elle avait dans les bras dans l’espoir de pouvoir être à nouveau elle-même, mais il était déjà si difficile de bouger et de rester éveiller.

Tout la dérangeait, des médicaments qu’elle recevait jusqu’à l’oxygène qui était diffusé dans cette espèce de chose qui lui barrait le visage au niveau de son nez, toutefois elle avait déjà du mal à soulever sa main, faire plus allait relever du miracle. Sora se contenta donc de tenter de prévenir de son réveil. La guatémaltèque avait trouvé assez de force pour poser sa main sur Danjel, d’abord sur son bras puis sur sa nuque lorsqu’elle put remarquer combien son sommeil semblait être agité. Elle n’avait pas la moindre idée de ce qui pouvait se dérouler dans le rêve du brésilien mais malgré les médicaments son instinct semblait toujours intact et lui fit comprendre que ce n’était sans doute rien de bien joyeux. S’efforçant de rassembler une nouvelle fois ses forces, elle caressa du bout des doigts la nuque du jeune homme en fermant les yeux un petit moment tant ses médicaments la faisaient somnoler bien qu’elle n’arrêta pas son geste, ce dernier étant devenu automatique. La jeune fille eut la sensation de s’endormir pendant une longue durée tandis qu’elle continuait de caresser la nuque de Danjel plus pour l’apaiser que pour le réveiller. Ses membres lui paraissaient être plus lourds que la normale et bien plus difficiles à contrôler, mais elle ne s’en inquiéta pas plus que ça bien trop somnolente pour y parvenir. Ses pensées restaient assez décousues et Sora était incapable de se concentrer plus d’une ou deux minutes.

Pourtant, lorsqu’elle sentit Danjel bouger elle parvint à ouvrir ses yeux et à les poser en direction du jeune homme. Parler lui semblait être inutile pour l’instant et Sora avait peur de ne pas y parvenir de toute manière, alors elle se contenta de le regarder se réveiller sans rien dire, un simple sourire parvenant tout de même à étirer délicatement le coin de ses lèvres. « Mon dieu Sora ! ». Voilà la raison pour laquelle il aurait été inutile de parler. Danjel avait remarqué par lui-même son réveil, doucement, le temps de se réveiller totalement et elle n’avait pas eu à brusquer la chose, mais uniquement à en profiter. Sentant la main du brésilien sur sa joue, Sora ne se risqua pas à fermer les yeux de peur de s’endormir à nouveau sans même le remarquer. Son regard s’accrocha à celui du jeune homme en silence même si elle sentait son cœur s’emballer malgré tout, par simple joie de le voir lui en premier à son réveil, près d’elle. « Dis-moi que je suis pas en train de rêver... ». De nouveau, un petit sourire apparu sur les lèvres de la guatémaltèque qui ne dévia pas son regard. Elle se força à lever une nouvelle fois sa main et alla la poser sur le dos de celle de Danjel au niveau de sa joue. Tout aussi lentement, elle glissa ses doigts au creux de sa main et effectua une légère pression pour lui prouver qu’il ne rêvait pas et qu’elle était bien réveillée, aussi shootée qu’elle pouvait être. Puis, subitement, tout un tas de pensées lui traversèrent l’esprit, des paroles qu’elle aurait aimé lui dire mais qui s’embrouillaient au point de la fatiguer plus qu’elle ne pouvait déjà l’être.

Le mordillement de sa lèvre fut plus un pincement qu’autre chose, mais le geste restait le même et prouvait qu’elle essayait de se concentrer au mieux malgré la difficulté de cet effort. « Je suis désolée. », parvint-elle finalement à souffler en fermant les yeux quelques instants – même si elle n’en était pas certaine – pour poser de nouveau son regard sur Danjel. Sa voix était basse, néanmoins elle était parvenue à parler et à lui répondre pour s’excuser de la peur qu’elle avait pu lui faire, de la frayeur qui avait pu l’envahir. « Je t’ai entendu … ». Sora n’avait jamais éprouvé autant de difficulté pour parler et elle avait même la sensation que le simple fait de le faire à voix basse la fatiguait encore plus et l’empêchait de respirer correctement, mais elle tenait le coup. « Je ne te laisserais pas. ». Son regard s’ancra une nouvelle fois dans celui du brésilien et Sora prit le temps de respirer correctement tant parler l’empêchait de le faire alors que ce geste était pourtant naturel, inné. « Jamais … ». La guatémaltèque effectua une nouvelle pression sur la main qui se trouvait sur sa joue sans dévier son regard. Elle aurait souhaité pouvoir se relever, mais elle savait ce geste impossible. Elle voulait s’asseoir et le forcer à venir près d’elle pour aller se loger contre lui, mais à la place Sora resta allongée et due se satisfaire de s’imaginer le faire.
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MessageSujet: Re: your very own lullaby △ sorel your very own lullaby △ sorel EmptyMar 18 Sep - 22:48

David Foenkinos a écrit « Il y a dans le deuil une puissance contradictoire, une puissance absolue qui propulse tout autant vers la nécessité du changement que vers la tentation morbide à la fidélité au passé. » Cette puissance divergente, Danjel l'avait ressentie au plus profond de lui, principalement à la mort de son frère adoptif. Il avait beau avoir perdu plusieurs êtres chers au cours de sa vie, la mort de Joaquín était de loin celle qui l'avait le plus marqué, celle dont il avait le plus souffert. Celle dont il ne s'était toujours pas remis. La culpabilité y était pour beaucoup : ayant été sauvé par son aîné, ce dernier s'était fait tiré dessus et le brésilien ne pouvait s'empêcher de penser que, s'il avait insisté, s'il avait refusé de passer par-dessus ce fichu grillage, Joaquín serait peut-être encore de ce monde. Quand on lui avait douloureusement rappelé son décès après sa semaine de coma, il était resté silencieux, les larmes seules témoignant de sa douleur. Et jamais il n'avait parlé de ce qu'il s'était passé. Enfin si, il en avait évidemment parlé dans les détails à Tamara, une seule et unique fois, après qu'elle ait insisté en prétextant qu'elle était son amie et qu'elle souhaitait l'aider. Sous la pression, Danjel avait craqué et avait évacué sa colère contre son amie en lui racontant les faits, et elle avait passé de longues minutes à tenter de le consoler. Mais vainement. Des années après, la douleur était toujours présente, enfouie quelque part dans son coeur, et jamais elle ne disparaîtrait. Parce que, même s'il se terrait dans un mutisme à ce sujet, son frère avait emporté une partie de lui dans sa tombe et rien ne pourrait changer ce fait. Cette puissance contradictoire à la Foenkinos le déchirait toujours autant : partagé entre le désir de tout oublier mais l'attachement incensé au passé. Danjel avait appris à maîtriser cette force qui l'écartelait intérieurement depuis le décès de son aîné. Mais il se savait incapable de reproduire la même chose au jour d'aujourd'hui. Après avoir perdu sa mère, son père, son frère et son amie d'enfance, il était moralement inapte à supporter une mort de plus dans son entourage. D'autant plus si cela touchait Sora. Si elle devait mourir un jour, il savait pertinemment qu'il ne s'en relèverait pas et qu'il finirait par craquer définitivement au point d'atteindre un non-retour. Parce qu'il tenait à elle, énormément, beaucoup trop, beaucoup plus qu'il ne se l'admettait à lui-même.

Elle était là, face à lui, réveillée. Passant une main légèrement tremblante d'émotion contre sa joue, il peinait encore à croire que ses yeux étaient rivés dans les siens, enfin ouverts. Même le contact physique qu'elle créa en venant poser sa paume contre sa main ne le fit par rendre compte de la réalité. Après des semaines passées à l'attendre, à prier pour qu'elle se réveille, à espérer, elle était enfin de retour. Et la pression qu'elle exerça contre sa main pour lui montrer qu'elle était belle et bien vivante finit par le faire craquer. Alors qu'un sanglot remontait sa gorge, sa vision se troubla de larmes et l'une d'entre elles glissa contre son visage, scintillante à la lumière des néons. « Je suis désolée. » Sa voix était réellement affaiblie et avait plus ressemblé à un souffle qu'autre chose. Mais il avait suffit à faire rater un battement au coeur du brésilien, faisant irrémédiablement sourire ce dernier. Les coins de ses lèvres s'étirèrent légèrement, lumière de joie contrastant avec la brillance douloureuse qui traversait encore son regard. « Chut... » lui répondit-il doucement, passant sa main dans sa chevelure blonde avec une infime tendresse. Elle n'avait pas à être désolée. Il comprenait qu'elle le soit, mais il lui pardonnait. Il était prêt à tout lui pardonner maintenant qu'elle était réveillée. Plus rien d'autre sur terre ne comptait ormis le fait qu'elle ait enfin ouvert les yeux après plusieurs semaines passées dans ce coma interminable. Croiser son regard lui donnait envie de fondre en larmes de soulagement, de rire de bonheur, de la prendre contre lui et de ne plus jamais la lâcher. « Je t’ai entendu … » Elle peinait à parler, il s'en rendait pleinement compte et cela semblait tout à fait normal après ce qu'elle avait traversé. Alors, comme pour lui recommander de se laisser le temps pour faire de grands discours, il prit son visage entre ses deux mains sans détourner son regard du sien et passa tendrement son pouce sur ses lèvres. Mais elle ne semblait pas comprendre le message étant donné qu'elle se força à parler une fois de plus. « Je ne te laisserais pas. » Baissant soudainement la tête, Danjel se sentit honteux. Durant des semaines, il était venu la voir pour la soutenir et l'encourage à ouvrir les yeux, mais il avait bien vite fait de finir par pleurnicher en la suppliant de ne pas l'abandonner. Elle venait de lui dire qu'elle l'avait entendu, ce qui signifiait qu'elle avait certainement capté chacune des phrases qu'il avait prononcées à son égard, qu'elle avait entendu chaque pleur qui lui avait arraché la gorge, qu'elle avait entendu chacune de ses lamentations. Et pour ça, il s'en voulait de ne pas s'être montré suffisamment fort. « Jamais … » termina-t-elle dans un souffle, le forçant à redresser la tête pour poser son regard larmoyant sur elle. Décidé à ranger sa culpabilité de côté pour soutenir Sora du mieux qu'il le pouvait, il ravala ses larmes et caressa doucement ses joues de ses pouces en gardant ses pupilles plantées dans les siennes. « Je ne te laisserai pas partir de toute manière... » murmura-t-il d'une voix si intense qu'elle devait aisément en saisir toute la sincérité qu'il y mettait. Il tenait beaucoup trop à elle pour lui permettre de s'en aller, pas sans lui du moins. Si elle devait quitter ce monde, il la rejoindrait immédiatement et qu'importe ce qu'il laissait derrière lui. Elle était tout ce qui importait.

Le silence envahit à nouveau la pièce. Mais contrairement à celui qui avait pesé, morbide, sur la chambre ces dernières semaines, celui-ci ressemblait plus à de la plénitude. Pour la première fois depuis qu'il avait retrouvé Sora à la frontière de la mort, Danjel se sentait vivre. Il sentait comme un vent de renouveau l'envelopper, comme si son espoir avait soudainement gorgé la pièce d'une douce chaleur lumineuse qui réparait progressivement son coeur brisé. Et cet instant où leurs regards se captaient, le brésilien voulait qu'il dure éternellement. Pourtant, il refit surface dieu sait comment et se rappela que la jeune femme sortait d'un coma. Alors il s'empressa de tendre le bras vers la sonnette d'appel afin d'alerter les médecin en y exerçant plusieurs pression à la suite. Puis, espérant qu'ils viendront rapidement, il reposa son regard sur Sora. « Comment tu te sens ? » lui demanda-t-il doucement en passant à nouveau sa main dans ses cheveux. Elle paraissait tellement affaiblie qu'il avait peur de lui faire mal à peine en l'effleurant. Ce qui expliquait cette tendresse infime dont il faisait preuve. Quoi que non, quand il s'agissait de la guatémaltèque, il était toujours étonnement tendre.

putain au moment de parler de la chaleur lumineuse réparatrice, j'ai pensé aux cheveux magiques de Raiponce... je me suis sentie tellement nulle sur ce coup )':


Dernière édition par Danjel J. De Roca le Jeu 20 Sep - 0:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: your very own lullaby △ sorel your very own lullaby △ sorel EmptyMer 19 Sep - 14:26

Qu’importe la difficulté, qu’importe la douleur elle tenait à lui dire, elle tenait à lui parler aussi faible que soit sa voix. Elle voulait le rassurer, lui demander pardon de toutes les façons qui puissent exister. Elle voulait lui promettre de ne plus jamais l’abandonner et de ne jamais plus essayer de le faire. Elle le voulait plus près d’elle, elle le voulait tout contre elle et oublier le reste du monde même si ce n’était que pour quelques instants. Elle voulait que ça ne soit plus que lui et elle sans que le reste du monde n’ait la moindre importance. Elle se sentait terriblement mal, elle sentait la culpabilité la gagner à l’idée d’avoir pu autant lui faire peur et de l’avoir autant inquiété. Ce n’était pas ce qu’elle avait voulu, jamais. Sa tentative était probablement un appel à l’aide, une façon extrême de faire comprendre à ses proches qu’elle avait mal, qu’elle souffrait, mais jamais elle n’avait souhaité partir, jamais elle n’avait voulu l’abandonner. Le voir près d’elle dès son réveil était une image merveilleuse et apaisante, une preuve de plus de tout l’intérêt qu’il pouvait lui porter, de l’importance qu’elle pouvait avoir pour lui même si, quelque part, elle s’en était toujours doutée. Pourtant, aussi heureuse qu’elle pouvait être de le voir auprès de lui, elle avait mal de l’avoir fait souffrir ce qu’elle devinait à travers cette joie intense qui le gagnait à présent qu’elle avait ouvert les yeux et qu’elle avait essayé de lui parler. Ses paroles lui revenaient doucement à l’esprit tandis qu’elle continuait d’émerger totalement de son coma.

La jeune femme se souvenait des sanglots qui l’avaient secoué et qu’elle avait dû se contenter d’entendre sans parvenir à faire le moindre geste, sans réussir à se réveiller malgré la douleur qu’elle avait dû probablement ressentir et ce même inconsciemment. Sora l’avait entendu lui parler, comme elle avait pu entendre le moindre bruit autour d’elle depuis qu’elle était dans cette chambre d’hôpital, mais elle n’avait rien pu faire et la simple idée de savoir que pendant toutes ces semaines il avait craint de la perdre par sa faute la rendait malade. C’était à cause d’elle que Danjel s’était senti aussi mal et aussi coupable alors qu’aux yeux de guatémaltèque il n’avait jamais rien eu à se reprocher. Il avait sa propre vie, ses propres occupations et malgré tout l’intérêt qu’ils pouvaient mutuellement se porter, Sora ne pouvait pas s’attendre à ce qu’il laisse tout tomber pour elle et jamais elle ne pourrait lui en vouloir pour ça. Elle doutait d’être capable de se pardonner un jour ce par quoi il avait pu passer à cause d’elle, lui qui avait pourtant déjà beaucoup perdu sans même qu’il ait à lui dire. Elle n’avait jamais posé la moindre question concernant son passé. La curiosité l’avait gagné bien des fois, mais la demoiselle n’avait rien fait et à vrai dire elle s’était contentée de deviner certains faits à travers son regard même s’ils restaient assez flous. La douleur de la perte d’un être cher ne se dissipait pas facilement et même si avec le temps elle diminuait ça ne changeait en rien le fait qu’elle était toujours présente. Sora était passée elle-même par là et c’était sans doute ce qui lui avait permis de deviner que lui aussi avait perdu des personnes importantes à ses yeux, mais elle n’avait pas posé de questions. Toutefois, dans sa douleur et sa stupidité, elle avait été à deux doigts de s’ajouter aux personnes que Danjel avait déjà perdu et comment la jeune femme était-elle supposée se pardonner une telle chose ? Ce fut ce qui la poussa à lui dire combien elle était désolée bien que ça ne soit que des mots.

Sora les pensait sincèrement et elle ne supportait pas le fait d’être si faible et de se voir empêcher d’en dire plus, mais respirer était une véritable épreuve lorsqu’elle se forçait à prononcer juste quelques mots. « Chut... ». Sora refusa de rester silencieuse. Même si c’était douloureux et qu’elle avait l’impression que chaque mot compressait un peu plus sa poitrine et l’étouffait, elle se força à lui parler et à lui dire une partie des choses qu’elle tenait à ce qu’il sache. Qu’importe les gestes qu’il put faire afin qu’elle cesse de parler, elle prononça tout de même ce qu’elle avait en tête bien qu’elle en éprouvait une grande difficulté à chaque fois. Elle souhaitait qu’il sache qu’elle avait tout entendu, non pas pour qu’il se sente honteux mais uniquement pour lui faire comprendre que, finalement, elle avait toujours été là malgré tout, qu’elle ne l’avait pas quitté puisque de toute manière elle en était incapable. « Je ne te laisserai pas partir de toute manière... ». Sora se pinça doucement les lèvres et lui adressa un sourire. Elle ne s’en passerait jamais, elle en était incapable. Elle était devenue à accro à lui, à ses paroles, à ses sourires, à ses gestes tendres qu’il avait avec elle et à ce regard duquel la guatémaltèque ne parvenait pas à se décrocher depuis son réveil. Dans un nouvel effort – bien moins éprouvant que ceux pour parler – elle leva la main et la posa sur la joue de Danjel pour faire disparaitre de celle-ci les larmes qui avaient pu y couler sans que son sourire ne s’efface de ses lèvres. « Comment tu te sens ? ». Bien … ce fut le premier mot qui lui vint à l’esprit. Certes, elle avait mal un peu partout et se sentait plus somnolente que jamais, mais elle était bien et ce uniquement parce qu’il était prêt d’elle et qu’elle n’aurait pas pu souhaiter mieux comme personne à voir dès son réveil.

Sa main toujours posée sur la joue de Danjel, elle glissa doucement pour aller sur l’épaule du brésilien, un endroit qui lui demandait moins d’effort que lorsqu’elle devait garder le bras tendu. « Ça va … » affirma-t-elle dans un souffle. De toute manière, que ça soit le cas ou non elle refusait de l’inquiéter plus qu’elle n’avait déjà pu le faire. Sa main retomba en direction de l’une de celles qui se trouvaient près de son visage et Sora ferma les yeux quelques instants afin de trouver la force de rester éveiller jusqu’à ce que les médecins arrivent. Respirant aussi calmement que possible et les paupières toujours closes, elle serra la main de Danjel de crainte qu’il ne disparaisse d’un coup. « Tu restes avec moi ? ». Elle n’avait vraiment aucune envie de se retrouver seule face à tous les médecins qui risquaient d’arriver d’une minute à l’autre et qui seraient probablement suivi de près par ses parents. Elle ne voulait pas que Danjel s’en aille. Elle le voulait près d’elle encore longtemps et garder sa main dans la sienne et tant pis si les médecins n’étaient pas contents. Même à bout de force, la jeune femme se savait capable de piquer une crise si jamais ils renvoyaient le jeune homme qui était la seule personne qu’elle voulait bien accepter auprès d’elle. Enfonçant sa tête dans son oreiller, Sora parvint à ouvrir de nouveau les yeux et son regard s’accrocha une nouvelle fois à celui du brésilien. « Tu veux bien me prendre contre toi ? ». Passant le bout de sa langue sur ses lèvres afin de les humidifier, Sora n’essaya pas tout de suite de se relever de crainte de s’effondrer aussitôt. Elle voulait tout de même aller contre Danjel et enfouir son visage dans son cou. Elle voulait le sentir contre elle et tout oublier ne serai-ce que le temps de cette étreinte qu’elle lui réclamait.
en fait ce que je t'ai pas dis c'est que Sora est la descendante de Raiponce ... je me tais promis XD Oh pinaise, pardon pour le pavé o.O
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MessageSujet: Re: your very own lullaby △ sorel your very own lullaby △ sorel EmptyLun 24 Sep - 14:47

Danjel ne pouvait pas se résoudre à la perdre. Et, quand bien même ses yeux étaient ouverts et qu'elle semblait définitivement sortie de son coma, il sentait encore cette pression peser sur cette épaule, ce poids qui l'avait suivi ces six semaines en lui rappelant jour après jour qu'une vie humaine était très fragile et pouvait se briser à n'importe quelle seconde. Sora avait beau être réveillée, elle n'était pas hors de danger, et le brésilien continuerait à s'inquiéter pour elle, parce qu'elle était une des seules personnes encore présentes sur cette terre qu'il se sentait incapable de perdre. Si elle devait disparaître de sa vie, il sombrerait inévitablement et dieu sait comment cela se terminerait. Il n'aurait très certainement plus la force de se battre et, s'il ne se laissait pas aller dans une solitude dévastatrice, il abrégerait certainement ses souffrances pour rejoindre Sora. Morbide, certes. Mais lorsque l'on tient à une personne plus qu'à sa propre vie, comment continuer à avancer si cette personne en question n'est plus là ? C'était impossible. Danjel avait bel et bien tenter d'avancer après la mort de son frère, puis après la mort de Gabriela, mais c'étaient comme si tous les deux lui collaient à la peau. Il ne se passait pas un jour sans qu'il ne pensent à eux, et heureusement pour lui, il avait réussi à passer outre sa dépression post-mortem. Mais avec la guatémaltèque, il se savait incapable de se relever. Parce qu'elle faisait partie de lui, qu'il le veuille ou non. Parce que son coeur était accroché fermement à elle, parce qu'il tenait à elle bien plus qu'il ne se l'admettait à lui-même. Lui, le célibataire endurci coureur de jupons, sentait qu'il n'était pas le même en présence de Sora. Peut-être bien parce qu'elle était bien plus qu'une amie à ses yeux. Fallait-il encore qu'il s'en aperçoive et surtout qu'il l'accepte.

Rongé par la culpabilité, le jeune homme n'avait pu retenir quelques larmes de glisser contre ses joues. Cela dit, Sora eut bien vite fait de les effacer, portant tendrement une main contre sa peau alors qu'un sourire illuminait son visage encore endormi. Gardant son regard larmoyant plongé dans celui de la guatémaltèque, Danjel expira lentement, laissant les coins de ses lèvres se relever également, très légèrement. Elle était réveillée, là était le principal. « Ça va … » lui répondit-elle doucement. Évidemment, il ne pouvait pas s'attendre à ce qu'elle pète la forme après avoir passé plusieurs semaines dans un lourd coma. Alors, pour simple réponse, il caressa tendrement ses joues avec ses pouces, comme si ce geste pouvait lui faire comprendre qu'elle serait bientôt à nouveau sur pied. Dans un silence flottant agréablement autour d'eux, la blondinette finit par attraper une des mains de Danjel pour la serrer. Le brésilien en fit de même, observant son visage alors qu'elle avait fermé ses yeux. « Tu restes avec moi ? » Il avait l'impression de la retrouver comme le soir où elle était venue le trouver en larmes chez lui, après avoir appris que son mari était porté disparu sur le front. Elle lui était apparue comme une enfant nécessitant la présence d'un être cher pour calmer sa peur du noir. Et là, sur ce lit, d'hôpital, il la voyait presque comme telle : une jeune femme fragile qui avait besoin de sa présence pour s'en sortir. Alors, entrelaçant leurs doigts avant de porter sa main vers ses lèvres, il embrassa ses doigts et les caressa doucement avec sa main libre en lui chuchotant « Je ne pars pas, promis. », un léger sourire étirant ses lèvres. Et elle le connaissait suffisamment pour savoir qu'il tenait toujours promesse à ce sujet. C'est là qu'elle rouvrit ses paupières, et l'éclat brun-vert de ses iris le renversa. Il avait presque oublié à quel point il aimait la regarder dans les yeux. « Tu veux bien me prendre contre toi ? » Danjel venait d'appeler les médecins, ils n'allaient donc pas tarder à arriver. De plus, il craignait de faire un geste qui puisse faire mal à la jeune femme. Mais si elle le lui demandait, c'est qu'elle en avait besoin. Et lui aussi ressentait le besoin de l'avoir contre elle. Alors, sans rien répondre à sa demande, il se décala de sorte à pouvoir s'assoir sur le rebord du lit, une jambe tendue sur ce dernier alors que l'autre restait pendue dans le vide, son pied touchant le sol. Il glissa ensuite avec délicatesse un de ses bras dans le haut du dos de Sora, prenant garde à la maintenant pour lui éviter un vertige, puis il attendit qu'elle se pose correctement contre lui. Sa main alla caresser son épaule alors que son autre main alla chercher celle de l'hospitalisée pour l'attraper avec tendresse et enlacer leurs doigts. Tournant la tête, il déposa un tendre baiser sur le front de la guatémaltèque, alors que le ronronnement de son coeur lui indiquait à quel point il était heureux de la sentir enfin contre lui.

Ils n'eurent cependant le droit qu'à une poignée de minutes ainsi, à rester l'un contre l'autre, oubliant l'endroit où ils se trouvaient. Deux médecins finirent par débarquer en trombe et on demanda rapidement à Danjel de s'écarter. Il refusa une première fois, mais on lui ordonna fermement de lâcher la jeune femme. Sora eut le réflexe de serrer sa main, comme pour le retenir, et il lui adressa un regard qui se valait rassurant en finissant par s'écarter d'elle. Il ne lâcha cependant pas sa main et reprit place sur sa chaise, demandant l'autorisation de rester près d'elle. Face à un tel entêtement, les médecins finirent par abandonner et se mirent à vérifier l'état de santé de leur patiente. Danjel resta silencieux à ses côtés, l'observant qui se faisait ausculter, son pouce caressant le dos de sa main. Puis, tout à coup, ce fut au tour de ses parents de débarquer. « Sora, ma chérie ! » s'écria sa mère en se jetant vers elle. Le brésilien les avait déjà vus plusieurs fois étant donné qu'il avait passé la majeur partie de ses journées au chevet de Sora. Il avait eu l'occasion de faire leur connaissance, de discuter avec eux. Et pourtant, en cet instant, il se sentait comme un adolescent en présence de ses "beaux-parents". « Vous... vous voulez que je vous laisse seuls un instant ? » demanda-t-il, soudainement intimidé par la présence des parents de Sora. Il ne voulait pas les déranger, il était pleinement conscient qu'ils voulaient certainement passer du temps avec leur fille. Et, même si Sora lui avait demandé de ne pas la laisser, il ne s'autoriserait jamais de les forcer à accepter sa présence s'il n'en avait pas envie. Mais son père lui adressa un regard doux et lui répondit « Tu peux rester mon garçon. ». Rien que par un échange de regard, Danjel comprit ce que pensait son père : il avait vu le brésilien présent, chaque jour, au chevet de sa fille. Il l'avait vu lui parler, il l'avait vu pleurer et la supplier de se réveiller. Il imaginait donc que tous les deux devaient être très proches et, de ce fait, il n'avait pas envie de lui demander de partir. Danjel lui adressa un sourire en guise de remerciement, puis il regarda à nouveau Sora, gardant sa main dans la sienne mais en restant silencieux.

sora is raiponce :sisi: et j'aime ton pavé :love:
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MessageSujet: Re: your very own lullaby △ sorel your very own lullaby △ sorel EmptySam 29 Sep - 20:20

Sa présence avait quelque chose d’apaisant sans qu’elle parvienne à en trouver la raison. Il l’avait connu au cours de sa pire période et pourtant, même là elle avait été bien plus sereine que n’importe quelle autre fois sans lui. Elle ne se l’était jamais expliqué, c’était ainsi et ça lui convenait parfaitement. C’était tout ce dont elle avait besoin. Cette sensation de sécurité et de bien-être que Danjel était le seul à lui procurer étaient ce qui lui permettait de tenter de garder la tête hors de l’eau même lorsqu’elle était au plus mal. Ce n’était pas pour rien si la seule personne vers qui elle s’était tournée les deux fois où elle allait mal était le jeune homme actuellement en sa présence. Sora avait une confiance aveugle en lui tout comme elle avait besoin de lui à ses côtés pour tenir. Elle n’avait jamais douté de lui et elle était loin de lui en vouloir pour ne pas être venu auprès d’elle alors qu’elle l’avait quasiment supplié. La jeune femme était consciente qu’il avait sa vie et des obligations à respecter et elle se savait prête à tout lui pardonner du moment qu’il ne l’abandonnait pas. Cette dépendance était nouvelle pour elle et bien différente de celle à la drogue. C’était bien plus doux mais aussi bien plus déroutant pour une demoiselle qui n’avait jamais éprouvé ceci auprès de qui que ce soit. Le brésilien éveillait en elle des émotions qui jusqu’alors lui étaient parfaitement inconnues et qu’elle ne comprenait pas forcément bien qu’elle savait néanmoins les apprécier et en avoir besoin pour ne pas s’effondrer comme elle savait pourtant si bien le faire. Le voir s’éloigner maintenant lui était impossible. Sora avait besoin de sa présence.

Elle avait besoin de le sentir près d’elle encore longtemps et elle refusait de le lâcher de crainte de ne plus le revoir même si elle savait que ce n’était pas possible. Elle ne prétendait pas avoir plus d’importance que n’importe qui d’autre dans la vie du brésilien, toutefois elle savait que toutes les promesses qu’il avait pu faire il les avait tenu comme celle de ne jamais l’abandonner. « Je ne pars pas, promis. ». Même si la guatémaltèque se sentit rassurée de l’entendre lui promettre de rester près d’elle, elle fut incapable de lâcher sa main pour autant. Elle éprouvait le besoin de garder ce contact physique avec lui afin de s’assurer que plus les minutes s’écoulaient et moins tout ceci n’était un rêve. Elle était bel et bien réveillée, peut-être pas au meilleur de sa forme, mais tout de même assez pour parvenir à prononcer quelques mots. Elle était réveillée et elle ne comptait plus l’abandonner comme elle avait osé le faire. Le fait de savoir qu’il avait pleuré, qu’il l’avait supplié de se réveiller et de ne pas l’abandonner lui faisait mal au cœur et éveillait une culpabilité qu’elle n’était pas prête de faire disparaître malgré ce qu’elle pourrait dire. Lui demander de la prendre contre lui était un moyen pour lui assurer que cette fois elle ne comptait pas faire la même erreur, qu’elle comptait rester près de lui – en vie de préférence – quoi qu’il en coûte et malgré tout ce qu’elle pouvait traverser. Elle n’allait pas l’abandonner, ni aujourd’hui ni demain, c’était une promesse qu’elle se faisait à elle-même. Le silence ne tarda pas à reprendre sa place dans la chambre uniquement brisé par la retranscription des battements de son cœur sur l’électrocardiogramme. Sans prononcer le moindre mot, Danjel prit place sur le lit de sorte à pouvoir l’amener contre lui. Sora se laissa faire comme une poupée de chiffon et ne tarda pas à aller se nicher contre lui en fermant une nouvelle fois les yeux.

C’était véritablement de cette présence dont elle avait besoin, de ça et du fait de se trouver dans ses bras là où le reste du monde n’avait plus la moindre importance aux yeux de la guatémaltèque. Elle savoura chaque seconde qui s’écoulèrent dans les bras de Danjel en se sentant plus vivante que jamais jusqu’à entendre des bruits de pas venir en sa direction. Séparer plus de force que par envie de Danjel, son regard ne quitta pas le jeune homme tandis que les médecins autour d’elle vérifiaient son état de santé et ses constantes sans qu’elle ne leur adresse le moindre regard. Quelques grimaces déformèrent toutefois son visage lorsque l’un d’eux appuya sur son estomac et l’espace d’un instant Sora pensa à le gifler ou à le mordre, mais elle se savait bien trop faible pour le faire et elle se raccrochait au regard du brésilien, leurs mains toujours entrelacées. « Sora, ma chérie ! ». Bien forcée de tourner la tête vers la jeune femme qui était entrée à toute vitesse dans la chambre et qui ne tarda pas à l’étouffer en la prenant dans ses bras, un léger sourire étira ses lèvres tandis que cette fois son regard se posait sur son père, légèrement en retrait mais visiblement très heureux de la voir réveillée. « Vous... vous voulez que je vous laisse seuls un instant ? ». Sora aurait voulu tourner la tête vers Danjel et lui faire comprendre par un simple regard qu’il n’avait pas intérêt à quitter cette chambre, mais Carol la gardait contre elle, pleurant à chaudes larmes sur son épaule sans parvenir à s’arrêter et empêchant sa fille adoptive de faire le moindre mouvement. « Tu peux rester mon garçon. ». Le regard plein de remerciement, les yeux de son père voyagèrent en sa direction tandis qu’il lui adressait un sourire dont elle fut la seule à comprendre la signification.

Bien que peu démonstratif, Sora avait toujours su ce que pensait Doug et ce sans qu’il n’ait besoin de prononcer le moindre mot. Ils avaient toujours fonctionné ainsi depuis quatre ans et elle savait combien il pouvait l’aimer comme sa propre fille sans qu’il ne l’ait pourtant dit. Puis commençant sérieusement à manquer d’air, la guatémaltèque effectua une légère pression sur l’épaule de sa mère qui ne bougea pas d’un millimètre. « Tu m’étouffes … » parvint-elle tout de même à glisser forçant Carol à s’éloigner d’elle en essuyant ses joues humides du revers de sa main. Le regard de la guatémaltèque voyagea entre les trois personnes qui se trouvaient à présent auprès d’elle. Sa main restait fermement accrochée à celle de Danjel. Un léger sourire étira une nouvelle fois ses lèvres tandis que l’envie de pleurer la gagnait. Elle les avait fait souffrir sans même le vouloir. Ils s’étaient inquiétés pour elle pendant des semaines alors que c’était la dernière chose qu’elle souhaitait pour eux et pourtant, malgré ce par quoi elle les avait forcés à passer, ils étaient près d’elle, loin de lui en vouloir, uniquement heureux de la voir réveillée. Sora avait été aveuglée par sa douleur, aveuglée par sa peine et elle n’avait pas vu qu’autour d’elle se trouvaient des personnes qui tenaient sincèrement à elle et qui étaient prêtes à tout pour l’aider à remonter la pente. Tous autant qu’ils étaient dans cette pièce, ils étaient sa bouée de sauvetage, Danjel sans doute bien plus que ses parents, mais ils avaient tout de même autant d’importance à ses yeux et surtout dans son cœur et elle ne comptait pas les décevoir, pas à nouveau c’était une autre promesse silencieuse qu’elle se faisait tandis que son regard alla se poser sur le brésilien non loin d’elle.
THE END
to be continued...
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